Vous pouvez retrouver le site officiel de la section de Montrouge à l'adresse suivante:
http://www.modemmontrouge.com/accueil.html
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C’était il n’y a pas si longtemps… nous nous appelions le MoDem, mais le modem n’était pas encore né. Une idée pourtant nous réunissait tous. Il faisait beau, très beau même. Comme j’étais un “régional” à Seignosse, j’y ai passé la semaine entière. Et j’ai vu des militants arriver dès le lundi, pour un congrès qui ne commençait que le jeudi. Oui, on peut parler “d’esprit de Seignosse”.
Jamais encore je n’avais connu une telle ambiance : c’est simple, tout le monde était amis avec tout le monde. Tout le monde y croyait, aussi ; Et chacun se sentait le droit d’improviser dans son coin, de lancer une idée et de la mettre en application.
Je me souviens de ma rencontre avec Eric. Il voulait que des associations se créent un peu partout et travaillait déjà à les fédérer. Mais son idée, c’était une autonomie de terrain. Succès total. Ses “AG” improvisées faisaient le plein à chaque fois. Un petit esprit libertaire dans un grand ensemble qui voulait changer la politique de ce pays.
Je me souviens de Sophie, que tout le monde a rapidement appelée “Sophie de Marseille”. Géniale Sophie. On se connaissait déjà par e-soutien, un média qui n’aurait jamais dû disparaître tant il a permis l’émergence du Modem par la base et a contribué à asseoir l’espérance que la politique allait s’écrire autrement. Sophie, à Seignosse, était bien loin de son ordinateur. Mais tous, je pense, se souviendront qu’e-soutien a été réinventé par des grands panneaux à l’entrée du VVF, sur lesquels chacun venaient mettre ses informations ; “Paul recherche Lucienne et sera à 16h au bar du centre” ; ”les adhérents du 92 se réuniront à 18h devant la grande cheminée” ; ”Qui a garé sa voiture comme une andouille et m’empêche de sortir?”
Je me souviens que c’est grâce à ce mode de communication complètement archaïque que le parti le plus présent sur la blogosphère a échangé pendant 4 jours ; ces mots vont un peu déplaire à Christophe, que j’ai également rencontré à Seignosse, et qui a toujours deux trains d’avance en communication internet. C’était donc ça aussi, Seignosse, des gens barrés, qui réinventent le feu avec deux bouts de bois et qui ne se plaignaient de rien. Mais les plus avancés en informatique faisaient des reportages qu’ils renvoyaient sur internet, pour tous ceux qui n’avaient pas réussi à se libérer pour être avec nous…
Je me souviens de la première AG des adhérents du 92, justement, à Seignosse. J’y ai rencontré Gérard… de Montrouge (!) que je ne connaissais pas ! Nous étions venu, chacun de notre côté, de la même ville, sans savoir que l’autre avait pris sa carte dans le même parti ; belle rencontre qui a donné un beau résultat ensuite pour l’émergence de notre section.
Je me souviens de la première rencontre avec Antoine, à la “cafet”, à une grande table où, une fois de plus, et encore grâce à e-soutien version papier, tous les adhérents des Hauts-de-Seine s’étaient donné rendez-vous. Il s’est assis à côté de moi et ma expliqué les rouages de l’UDF ; Assommant. Je le lui ai d’ailleurs dit. Il était maire-adjoint et pensait qu’il était important de le rester jusqu’au bout, puis de décider s’il ferait ou pas une liste autonome à Meudon ; Je pensais qu’il n’était pas en phase avec les gens présents autour de lui et nous avons débattu sur ce point. Il pensait que Jean-Loup Metton devait être reconduit comme maire, « parce que c’était un bon maire » et que je devais négocier une place sur sa liste. Je pensais le contraire et lui répliquait que Jean-Loup Metton était parti au Nouveau Centre et que nous n’avions pas de cadeau à lui faire.
Pour ne pas noircir le tableau, et parce que chacun connait mes divergences d’opinion avec Antoine sur de très nombreux sujets, je me souviens aussi qu’à Seignosse, cet homme-là aussi parlait avec les autres. Et qu’il était partout présent, sauf le soir puisqu’il se retirait dans sa maison landaise. Le débat était partout à Seignosse… Temps béni !
Je me souviens de la “bande des Marseillais”, mes voisins de chambrée, qui étaient en fait originaires de l’ensemble de la côte Sud-est. Gérard, grande gueule et grand cœur, Serge, …et tous leurs potes… qui voulaient révolutionner la politique de leur région… car pour eux la France s’arrête à Marseille, et on se dit qu’ils sont bien sympas avec leur passion pour leur région. Avec eux, nous avions improvisé un café-démocrate en plein centre du hall d’accueil. Succès complet : les adhérents s’asseyaient, participaient aux débats qui se succédaient, à la volée, sans plan ni but, et repartaient vers un autre débat, avec la certitude d’avoir rencontré des militants qui leur ressemblaient et quelques adresses pour se contacter, plus tard. Jacqueline Gourault et Marielle de Sarnez, qui étaient souvent ensemble pendant ces quelques journées font parties de ceux qui sont venus s’asseoir avec nous, partager un de ces débats. Il n’y avait, semble-t-il, pas de différences entre les « grands » qu’on voit à la télé, et nous…
Je me souviens des soirées où les débats naissaient aussi rapidement qu’un feu de paille en plein été : les centr’égaux en profitaient pour expliquer leur position ; les cathos répliquaient avec les leurs. Car la magie de ce mouvement démocrate, c’est que les oppositions de la vie civile se retrouvent et composent : les cathos et les gays, ceux qui viennent de la droite et ceux qui viennent de la gauche, les libertaires et les sécuritaires, etc…
Je me souviens de Sandra, « la vendéenne du Pays Basque », qui n’a jamais montré un signe de fléchissement dans son soutien à François Bayrou depuis que je la connais… comme elle représente bien tous ces militants qui espèrent que 2012 sera la grande année…
Je me souviens de Ludovic, le corse, qui lançait son journal « démocrate » et qui voulait bâtir un monde meilleur pour demain … ne rejoignait-t-il pas ces adhérents venus de Bretagne, du centre ou du Sud-ouest ?
Je me souviens d’Alexandre, de Champagne-Ardenne, de Christine l’ardéchoise, de Yann le Breton, de Lucienne et Pierre de Tours, de Franz de Paris, d’Alphonse l’Alsacien… tous rencontrés, ainsi que beaucoup d’autres, à Seignosse. Je ne connaissais personne en partant et je devais avoir le plus gros fichier d’amis au monde en revenant. Mieux que Facebook !
Je me souviens des débats bien organisés par les bénévoles du siège, et des salles trop petites parce que personne n’avait prévu qu’il y aurait autant de monde, de ces chambres qu’il avait fallu trouver à la dernières minutes pour les militants qui continuaient à rejoindre Seignosse toujours plus nombreux chaque jour, des sauts de puces que certains faisaient même dans la journée, comme Marie qui traversa la France dans la journée dans les deux sens, juste pour pouvoir être là, un peu… d’Anne, qui râlait parce qu’on lui avait finalement trouvé une chambre, mais à plusieurs kilomètres du lieu du congrès… quelle foule, quel délire, quelle fougue…
Toute cette fougue, cet enthousiasme, concentrés sur un seul point en cette fin d’été 2007, où sont-ils passés ?
Et maintenant ?
Je me souviens de ma première rencontre avec les « pontes » du mouvement. Jean-Marie Cavada, qui a pris le temps de discuter en prenant un verre, Anne-Marie Comparini, qui était tellement disponible, Christian Saint-Etienne, … tiens, c’est vrai qu’ils étaient avec nous tous ceux-là.. que sont-ils donc devenus ? Aujourd’hui on combat certains de ceux qui étaient nos amis hier… se demande-t-on seulement comment on en est arrivé là ?
Je me souviens que François Bayrou se baladait entre nous tous, s’arrêtant pour discuter avec les uns et les autres…. J’y ai rencontré les parlementaires de mon département, Denis et Bernard, pour la première fois…C’était Seignosse, quoi…
A quoi cela sert-il de rappeler cet événement fondateur du Modem ? A nous faire du bien, d’abord.
…Et si cela peut nous rappeler, à tous, ce que nous étions, nous pourrons peut-être regarder devant nous avec confiance. Dans ces moments de doutes, de lendemains de défaite cinglante, il me semble qu’on oublie de parler de ce qui fait le modem : les militants. C’est, toujours à mon avis, la plus grande force de ce parti. Cela a été dit maintes et maintes fois pendant toutes les campagnes que nous avons faites ensemble : législatives, municipales, cantonales et européennes ; La « vague orange », la « déferlante orange », la « présence orange »… on a tous connu ça, et partout en France.
Jacques Chirac, en 1995, était donné pour mort politiquement. Il avait contre lui son premier ministre et la plupart des élus qui l’avaient soutenu pourtant, et qui lui devaient leur carrière. Mais les militants sont restés de son côté. Il a gagné.
François Bayrou est notre leader. Il n’est pas incongru de dire que sans lui, il n’y a plus de Modem. Je ne pense pas que la discussion qui s’engage sur sa personne apportera quoi que ce soit de nouveau. Je vais même plus loin : je crois qu’il faut ouvrir très largement les vannes de la participation collaborative au Modem, et faire sauter tous les verrous qui existent actuellement à tous les niveaux dans notre parti. Mais je crois qu’il faut aussi donner encore plus de pouvoir à François Bayrou, et notamment un droit de véto. Ce n’est pas un dictateur et c’est stupide de l’écrire. Car sinon, nous ne serions pas là. Faisons-lui confiance et soutenons-le ; C’est la vertu du militantisme et la puissance des partis qui veulent faire des gagnants.
S’il faut arrêter la langue de bois, il faut enfin souligner que Seignosse, c’était aussi, il faut s’en rappeler, la guerre ouverte entre les « anciens UDF » et les « Nouveaux Modem ». C’était dommage, certes, mais c’était aussi la réalité. Depuis nous avons tous essayé de l’oublier ; mais cette guerre n’a jamais été soignée, ou du moins les fondements n’ont jamais été traités. Tout au plus, beaucoup des participants de Seignosse nous ont quittés et on a pensé que cela réglait le problème. Ailleurs, les petits nouveaux ont été écartés, tout simplement. Je ne pense pas que certains soient mieux que d’autres ; je ne pense pas que les anciens UDF doivent laisser la place aux petits nouveaux. Je ne pense pas que certains ont les bonnes clés et pas les autres. Je ne pense pas qu’on fait mieux quand on est tout beau ou tout frais et que les anciens sont trop usés.
.. Mais je constate que, dans beaucoup d’endroits, la situation s’est réglée en mettant de côté une partie des adhérents. Je constate que le débat n’est pas autorisé, ou qu’il est taxé de subversif. Je constate que nous n’avançons plus comme une force pleine d’espoir et le sourire aux lèvres, mais comme une vieille force politique.
J’oserais une méthode de travail : faisons une liste de tous les problèmes réels ou supposés et examinons-les, sans passion et avec raison. Après une telle analyse, on pourra certainement en régler un très grand nombre. Il ne restera alors que quelques solutions à trouver pour quelques questions qui seront certainement ce qui nous pèse un peu parfois.
Je suis peut-être un peu trop à la marge. Une adhérente de mon département et présidente de sa section à Boulogne m’a envoyé un mail pour me conseiller de repartir chez les verts. Elle a ajouté que cela ferait un problème de moins à régler. C’est bête et méchant, à mon sens. Et cela ne résout rien.
Une autre solution serait d’ouvrir les instances, de mélanger les origines, de créer de la diversité, d’avoir des anciens et des nouveaux, des hommes et des femmes, des gens de couleurs, des MoDem, des cap21… le Modem de Seignosse. Celui-là, je le regrette.
Peut-on seulement le retrouver ?
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